Anévrisme cérébral (2003)

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Aussi appelé: Anévrisme intracrânien

DÉF­I­NI­TION

L’anévrisme cérébral est une faib­lesse de la paroi d’un vais­seau san­guin (artère) dans le cerveau, ce qui entraîne la dilata­tion de ce vais­seau. Avec le temps, cette dilata­tion cause l’étirement et l’amincissement de la paroi de l’artère. Les anévrismes peu­vent se for­mer dans dif­férentes par­ties du corps, mais l’anévrisme cérébral se pro­duit dans la tête, dans une artère qui ali­mente le cerveau en sang.

aneurysm

DESCRIP­TION

L’anévrisme peut pren­dre l’une des formes suivantes:

  1. Une dilata­tion, comme un petit sac, d’un seul côté du vais­seau san­guin (appelé anévrisme sacculaire)
  2. ou une dilata­tion au milieu du vais­seau san­guin (appelé anévrisme fusiforme).

DAN­GER ASSO­CIÉ À L’ANÉVRISME CÉRÉBRAL

Le dan­ger asso­cié à un anévrisme est relié à la paroi amin­cie du vais­seau san­guin dilaté. Sous la pres­sion du sang cir­cu­lant dans l’artère, un anévrisme cérébral peut saigner légère­ment (fuite) ou éclater (rup­ture). Lorsque cela se pro­duit, le sang envahit l’espace entourant le cerveau (espace sous-​arachnoïdien). Ce genre d’écoulement san­guin est appelé hémor­ragie sous-​arachnoïdienne (HSA) et est con­sid­éré comme une urgence médi­cale. Pour plus de ren­seigne­ments sur les hémor­ra­gies sous-​arachnoïdiennes, veuillez con­sul­ter le Guide pour les patients sur ce sujet.

Les anévrismes cérébraux peu­vent se pro­duire n’importe où dans le cerveau, mais on les trouve surtout aux bifur­ca­tions des vais­seaux san­guins, ou aux endroits où la pres­sion de la cir­cu­la­tion san­guine est plus élevée.

QUI PEUT AVOIR DES ANÉVRISMES?

  • On estime que de 3 à 5 pour­cent de la pop­u­la­tion adulte a un anévrisme cérébral.
  • Bien que les anévrismes peu­vent se for­mer à tout âge, ils sont plus fréquents chez les per­son­nes âgées entre 35 et 60 ans.
  • Les anévrismes touchent légère­ment plus sou­vent les femmes que les hommes.

SYMP­TÔMES

En général, un anévrisme cérébral qui n’a pas eu de fuite ou de rup­ture ne présente pas de symp­tômes. Les anévrismes cérébraux peu­vent de for­mer silen­cieuse­ment, sans signes avertisseurs.

Rarement, les très gros anévrismes peu­vent provo­quer des symp­tômes comme:

  • Maux de tête
  • Vision dou­ble ou perte de vision
  • Douleur der­rière ou au-​dessus d’un oeil
  • Paupière tombante
  • Pupille de l’oeil dilatée
  • Perte de sen­sa­tion (engour­disse­ment) au visage
  • Con­vul­sions

CAUSES

Les anévrismes cérébraux peu­vent se for­mer pour plusieurs raisons. Voici cer­tains des fac­teurs de risque asso­ciés à la for­ma­tion d’un anévrisme:

  • Antécé­dents famil­i­aux d’anévrismes cérébraux
  • La cig­a­rette
  • Hyper­ten­sion artérielle (haute pression)
  • Artériosclérose (dur­cisse­ment des artères)
  • Con­som­ma­tion exces­sive d’alcool
  • Usage de cocaïne
  • Blessure à la tête
  • Cer­taines mal­adies géné­tiques hérédi­taires (par exem­ple, le syn­drome de Mar­fan, la mal­adie polykys­tique des reins)
  • Infec­tion au coeur ou au cerveau

Cepen­dant, les anévrismes cérébraux peu­vent se for­mer chez des gens ne présen­tant aucun fac­teur de risque.

TESTS DIAG­NOS­TIQUES

La tomod­en­sit­o­métrie cérébrale (CT Scan), l’imagerie par réso­nance mag­né­tique (IRM) et l’angiographie cérébrale sont les prin­ci­paux tests diag­nos­tiques per­me­t­tant de déceler un anévrisme.

TRAITE­MENT

Le traite­ment pour un anévrisme cérébral peut varier et dépend de la grosseur et de la local­i­sa­tion de l’anévrisme.

  • Si l’anévrisme est petit, ou situé dans une région du cerveau où il est peu prob­a­ble qu’une rup­ture se pro­duise, votre médecin pour­rait alors recom­man­der l’observation atten­tive. Ceci sig­ni­fie que, de temps en temps, on vous fera passer un IRM ou une angiogra­phie cérébrale pour s’assurer que l’anévrisme ne grossit pas.
  • Dans les cas où l’anévrisme est con­sid­éré comme étant plus à risque de rup­ture, votre médecin pour­rait alors recom­man­der soit le clip­page neu­rochirur­gi­cal, soit le traite­ment endovas­cu­laire par inser­tion de fil­a­ments pour votre anévrisme.

Le clip­page neu­rochirur­gi­cal est une opéra­tion pour attein­dre l’anévrisme à tra­vers une ouver­ture dans le crâne (appelée cran­iotomie). Un petit «clip» de métal est placé à la base de l’anévrisme de manière à ce que l’anévrisme soit fermé et ainsi séparé du reste du vais­seau san­guin. La chirurgie pour le clip­page d’un anévrisme est expliquée plus en détail dans le Guide pour les patients sur ce sujet.

Le traite­ment endovas­cu­laire par inser­tion de fil­a­ments con­siste à placer des fil­a­ments sou­ples (aussi appelés «coils») en pla­tine dans l’anévrisme. Pen­dant une angiogra­phie, un tube (cathéter) est inséré dans une artère dans l’aine et glissé avec pré­cau­tion jusqu’au cerveau. Au moyen du cathéter, le radi­ol­o­giste bouchera l’anévrisme avec des fil­a­ments de pla­tine. La procé­dure du traite­ment endovas­cu­laire par inser­tion de fil­a­ments est expliquée plus en détail dans le Guide pour les patients sur ce sujet.

Le résul­tat d’un clip­page neu­ro­sur­gi­cal ou d’un traite­ment endovas­cu­laire réussi est celui-​ci : le sang peut alors cir­culer nor­male­ment dans l’artère, mais ne peut plus pénétrer dans l’anévrisme lui-​même. Comme il n’y a plus de sang cir­cu­lant dans l’anévrisme, celui-​ci ne risque plus de faire de fuite ni de rupture.

CE QUE VOUS POU­VEZ FAIRE

Que votre traite­ment soit celui de l’observation, ou que vous soyez en attente d’une inser­tion de fil­a­ments ou d’un clip­page, voici cer­taines choses que vous devriez fairepour dimin­uer vos risques de rup­ture d’anévrisme.

  • Arrêter de fumer
  • Con­trôler votre pres­sion sanguine
  • Éviter tout médica­ment et tout pro­duit naturel ou provenant d’herbes qui «éclair­cis­sent» le sang

Symp­tômes annonçant une rup­ture d’anévrisme

Début soudain d’un vio­lent mal de tête (sou­vent décrit comme «le pire mal de tête de toute ma vie»), avec un ou plusieurs des symp­tômes suivants:

  • Nausée et/​ou vomissements
  • Som­no­lence ou confusion
  • Per­dre connaissance
  • Con­vul­sions
  • Dif­fi­culté à parler
  • Faib­lesse ou paralysie des bras ou des jambes

Une rup­ture d’anévrisme est con­sid­érée comme une urgence médi­cale. Si vous avez l’un ou l’autre des symp­tômes nom­més ci-​dessus, vous devez deman­der immé­di­ate­ment de l’aide médicale.


Infor­ma­tion sur InfoNEURO
Cen­tre d’information pour les per­son­nes atteintes de trou­bles neu­rologiques
Hôpi­tal neu­rologique de Mon­tréal, Bur. 354
Tél: (514) 3985358
Adresse de cour­rier élec­tron­ique: infoneuro@​muhc.​mcgill.​ca
Site Inter­net: http://​infoneuro​.mcgill​.ca/

Ces ren­seigne­ments ont un but unique­ment péd­a­gogique et ne rem­pla­cent pas les con­seils des pro­fes­sion­nels de la santé ni se sub­stituent à des soins médicaux.

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Écrivain: Shar­ron Runions MSc(A), CNN©, Infir­mière clin­i­ci­enne spé­cial­isée.
Rédac­teurs: Dr. David Sin­clair (Neu­rochirurgie), Dr. Robert Coté (Neu­rolo­gie), Eileen Beany Peter­son (Bib­lio­thé­caire).
2005


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